Pouillyland

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20 avril 2009

1984 - Extrait

Dans un sens, c’est sur les gens incapables de la comprendre que la vision du monde qu’avait le Parti s’imposait avec le plus de succès. On pouvait leur faire accepter les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissaient jamais entièrement l’énormité de ce qui leur était demandé et n’étaient pas suffisamment intéressés par les événements publics pour remarquer ce qui se passait. Par manque de compréhension, ils restaient sains. Ils avalaient simplement tout, et ce qu’ils avalaient ne leur faisait aucun mal, car cela ne laissait en eux aucun résidu, exactement comme un grain de blé, qui passe dans le corps d’un oiseau sans être digéré.

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10 février 2009

Justine - Extrait

« Les premiers hommes, effrayés des phénomènes qui les frappèrent,
durent croire nécessairement qu'un être sublime et inconnu d'eux en avait dirigé la marche et l'influence.
Le propre de la faiblesse est de supposer ou de craindre la force ;
l'esprit de l'homme, encore trop dans l'enfance pour rechercher,
pour trouver dans le sein de la nature les lois du mouvement, seul ressort de tout le mécanisme dont il s'étonnait,
crut plus simple de supposer un moteur à cette nature que de la voir motrice elle-même,
et sans réfléchir qu'il aurait encore plus de peine à édifier, à définir ce maître gigantesque,
qu'à trouver dans l'étude de la nature la cause de ce qui le surprenait, il admit ce souverain être,
il lui érigea des cultes. De ce moment, chaque nation s'en composa d'analogues à ses mœurs, à ses connaissances et à son climat ; il y eut bientôt sur la terre autant de religions que de peuples,
bientôt autant de dieux que de familles ; sous toutes ces idoles néanmoins, il était facile de reconnaître ce fantôme absurde, premier fruit de l'aveuglement humain.
On l'habillait différemment, mais c'était toujours la même chose.
Or, dites-le, Thérèse, de ce que des imbéciles déraisonnent sur l'érection d'une indigne chimère et sur la façon de la servir, faut-il qu'il s'ensuive que l'homme sage doive renoncer au bonheur certain et présent de sa vie ?
Doit-il, comme le chien d'Ésope, quitter l'os pour l'ombre, et renoncer à ses jouissances réelles pour des illusions ?
Non, Thérèse, non, il n'est point de Dieu : la nature se suffit à elle-même ;
elle n'a nullement besoin d'un auteur ; cet auteur supposé n'est qu'une décomposition de ses propres forces, n'est que ce que nous appelons dans l'école une pétition de principes.
Un Dieu suppose une création, c'est-à-dire un instant où il n'y eut rien, ou bien un instant où tout fut dans le chaos.
Si l'un ou l'autre de ces états était un mal, pourquoi votre Dieu le laissait-il subsister ?
Était-il un bien, pourquoi le change-t-il ? Mais si tout est bien maintenant, votre Dieu n'a plus rien à faire : or, s'il est inutile, peut-il être puissant ? et s'il n'est pas puissant, peut-il être Dieu ?
Si la nature se meut elle-même enfin, à quoi sert le moteur ?
Et si le moteur agit sur la matière en la mouvant, comment n'est-il pas matière lui-même ?
Pouvez-vous concevoir l'effet de l'esprit sur la matière, et la matière recevant le mouvement de l'esprit qui lui-même n'a point de mouvement ?
Examinez un instant, de sang-froid, toutes les qualités ridicules et contradictoires dont les fabricateurs de cette exécrable chimère sont obligés de la revêtir ;
vérifiez comme elles se détruisent, comme elles s'absorbent mutuellement, et vous reconnaîtrez que ce fantôme déifique, né de la crainte des uns et de l'ignorance de tous, n'est qu'une platitude révoltante,
qui ne mérite de nous ni un instant de foi, ni une minute d'examen ;
une extravagance pitoyable qui répugne à l'esprit, qui révolte le caser, et qui n'a dû sortir des ténèbres que pour y rentrer à jamais. »

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15 octobre 2008

Ciné cinéma

Depuis peu, il y a une véritable révolution chez moi: j'ai la télé.
Bon, OK, je ne ferai croire à personne que je n'avais pas la télé jusqu'à présent, surtout que, je m'en fous, je n'ai jamais prétendu le contraire auprès des impôts.

Mais jusqu'à présente, je captais lamentablement la 1 et la 2, la 3 avec des parasites en tournant l'antenne 5 minutes, je pouvais presque arriver à suivre les séries de M6 en plissant les n'oeils pour regarder entre la neige et faire abstraction du bourdonnement. Quant à ARTE, après avoir plusieurs fois chopé des migraines terribles à tenter de comprendre des dialogues complètement recouverts par un bruit de fond abominable, j'avais totalement abandonné l'idée de voir quoique ce soit sur cette chaîne.

Mais là..! Miracle! J'ai le décodeur Neuf TV qui FONCTIONNE!!!
Je capte plein de chaînes gratuites pendant 2 mois en attendant de me retrouver avec les seules chaînes de TNT.

Du coup, j'en profite pour me gaver de sitcoms pourris sur AB1 combler quelques lacunes dans ma culture cinématographique.

Enfin, soyons honnête, il y a surtout des classiques américains des années 50-60.
Mais pas que. Ya aussi des films japonais tout à fait improbables (comme tous les films japonais en fait...) et de parfaits OVNIS.

Voici une petite sélection des films que j'ai donc découverts ce mois-ci.
J'ai la flemme de vous faire de vraies critiques complètes mais je mets des liens vers des sites qui en parlent ou un bref commentaire.

Des OVNIS:

The Calamari Wrestler
http://www.truveo.com/The-Calamari-Wrestler/id/1903949686
Le clip parle de lui-même...

Les Dents du Diable
http://www.festival-larochelle.org/html/film.asp?id=2673

Ou la réinterprétation roussalienne du "bon sauvage" en territoire inuit. Tout à fait destabilisant au début, on se laisse finalement prendre et même émouvoir par ce choc des cultures entre l'homme blanc et les chasseurs esquimaux.

Baxter
http://www.wip.devildead.com/baxter/baxter.htm
Des dialogues savoureux d'humour noir, psychologiquement assez violent.

Phantom of the paradise
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phantom_of_the_Paradise
Entre Le Fantôme de l'opéra et The Rocky horror Picture show, un truc complètement barré...

Des classiques américains:

Celui par qui le scandale arrive
http://www.critikat.com/Celui-par-qui-le-scandale-arrive.html
Un drame familial au début du 20ème siècle aux Etats-Unis.

Chinatown
http://cinema.encyclopedie.films.bifi.fr/index.php?pk=35739
Un film de Roman Polanski que je ne connaissais pas du tout.

Le Chevalier des sables
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chevalier_des_sables

Les Douze salopards
http://cine-files.skyrock.com/1103073290-LeS-DouZe-SaLoPaRDS.html
Bon, ben là vous connaissez le principe, je crois que pas mal de films de guerre américains sont construits sur ce modèle...

Comédie méconnue:
Le Secret de mon succès
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42740.html
Une comédie sympa avec Michaël J. Fox (alias Marty Mac Fly), critique de moeurs, satire du système social et de l'entreprise américaine.

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13 octobre 2008

Lire en fête au cinéma

Bon, j'ai fini deuxième de l'édition locale, alors je ne pourrais pas voir mon texte proposé au jury national.
Je suis un peu déçue, mais tant pis, je ferai d'autres concours.

Je ne sais pas trop ce qu'il y a eu comme manifestation dans votre coin, mais apparemment, il y a eu des projections, des lectures, des salons du livre, des interventions dans les écoles...

C'est cool de bâtir des ponts entre les différentes formes d'art et de narration...
J'avais envie de ne pas simplement évoquer le cinéma dans l'histoire, mais de l'évoquer aussi dans la forme du récit. J'ai essayé de faire quelque chose de visuel, plein de formes, de lumière et de couleurs.
C'est un peu moins évident, mais j'ai aussi essayé de me "balader" dans les images comme je l'aurais fait dans un scénar de film ou de BD.
On ne peut pas lutter contre le naturel! ^__^

Je mets mon texte ici, des fois que vous auriez envie d'y jeter un oeil.

Un siècle de Lumière

Les yeux de l’enfant passèrent du rouge au vert en même temps que les feux tricolores sur lesquels ils étaient rivés. Serrant fort la main de son arrière-grand-mère, il avança d’un pas assuré sur la chaussée. A voir ces deux frêles silhouettes, nul n’aurait su dire laquelle soutenait l’autre.

Cahin-caha, le garçon et la vieille dame traversèrent lentement la rue. Bande blanche après bande blanche, Louis résistait à l’envie de sauter de l’une à l’autre. Son auguste compagne n’aurait pas supporté de telles secousses, mais ça lui donnait l’impression d’être haché par les bandes, de ne plus exister vraiment lorsqu’il posait les pieds sur le bitume nu.

Ça lui donnait le vertige.

Levant la tête, il fit face au néon. Le nom du lieu s’étalait discrètement parmi les autres lumières de la rue. Ce n’était pas si souvent qu’il avait l’occasion de se promener en ville la nuit venue. Mais ce soir de décembre 1995 était exceptionnel: sa grand-mamie voulait partager avec lui le souvenir d’un miracle de sa jeunesse.

Serrant contre elle son châle trop mince, la petite ouvrière parcourait d’un pas alerte le chemin qui séparait la rue Saint Victor de la petite maison familiale. Elle slalomait habilement entre la neige et le verglas qui recouvraient le sol.

Ça ne faisait pas longtemps qu’elle avait commencé à travailler dans cette usine de la banlieue lyonnaise mais du haut de ses quatorze ans, elle était vive et curieuse: elle avait appris bien vite les gestes nécessaires à la fabrication des mystérieuses plaques.

Sitôt passé le seuil de la porte, elle se réfugia près du feu pour sécher ses jupons. Les mains tendues vers l’âtre, elle leva les yeux vers l’unique photographie de famille accrochée dans la salle à manger. Avec fierté, elle songea qu’à sa façon, elle participait quotidiennement à renouveler ce petit prodige. Les joues rosies par les flammes, elle se releva en tourbillonnant pour aider sa mère à mettre la table.

« J’peux avoir du pop corn s’il te plait, Grand-mamie?

- Tu as déjà faim? Nous sommes pourtant sortis de table il n‘y a pas si longtemps.»

- Oui, mais j‘ai exprès pas pris de dessert pour pouvoir manger du pop corn pendant le film, lui répondit l’enfant avec un sourire rayonnant. »

Un rire doux et chevrotant se mêla à la réponse de la vieille dame:

« Dans ce cas, c’est d’accord pour un petit pot.
- Tu en voudras un peu?

- Oh non mon poussin, ce serait bien trop dangereux pour mon dentier, répliqua-t-elle avec une feinte gravité. »

L’enfant pouffa pendant que la vieille dame payait la friandise. Les deux mains serrées sur son précieux trésor caramélisé, Louis s’avança vers la grande porte. Son arrière grand-mère le suivait d’un œil aussi amusé que l’homme qui leur tint gentiment le battant de la salle obscure.

Il lui fallait toujours un certain temps pour s’habituer à la pénombre rougie de l’atelier. Les produits que les ouvriers utilisaient ne devaient pas être exposés à la lumière du jour et ils devaient donc travailler sous une lumière de sécurité.

Elle se souvenait encore de sa première sortie de l’usine, lorsqu’elle avait pris peur en voyant que la rue s’était entièrement colorée d’une teinte verdâtre. Une collègue plus âgée s’était gentiment moquée d’elle tout en la rassurant: on s’habituait, et surtout, ça n’était pas permanent!

La jeune ouvrière était toutefois fort intriguée et elle aurait beaucoup aimé comprendre en détail ce curieux phénomène. Même si la fin de ce siècle abritait les débuts encore balbutiants de la scolarité obligatoire, il n’était pas donné à toutes les jeunes filles d’obtenir leur certificat d’études!

Elle était fière d’avoir réussi son diplôme mais se sentait aussi un peu frustrée. Elle ne pouvait s’empêcher de se demander quelle autre destinée elle aurait pu avoir si le prix des céréales n’avait pas chuté au point de conduire son père à vendre la ferme au moment de sa naissance. Peut-être que ça n’aurait rien changé…

Au moins, le fait de travailler dans une usine aussi particulière lui avait permis d’apprendre de nouvelles choses. C’était fascinant de penser qu’il était à leur portée de restituer aussi fidèlement la réalité! Le bruit courait que maintenant on pouvait même animer les images! A la pensée de participer à cette grande aventure, son visage s’éclaira.

Les lumières mouvantes projetées sur la toile blanche se rejouaient en stéréo dans les verres de lunettes de la vieille dame. Elle vit cette longue oblique noire découper l’écran, sans un bruit. Le train venait vers eux avec cette silencieuse fureur, approcha jusqu’à frôler le quai, s’arrêta. Les passagers s’agitèrent, approchèrent, commencèrent à monter dans le train, traînant leurs valises, aidant les enfants à descendre.

Là seulement, le générique annonça cette soirée exceptionnelle. En une cinquantaine de petites incursions lumineuses, l’enfant allait être emmené dans le passé de son arrière-grand-mère.

La toile est ensuite traversée à toute vitesse par un TGV troublant à peine la tranquillité des cigales que l‘on entend crisser.

Contraste saisissant que ces images fragiles restituant la vitesse et la modernité!

Le train, cette fois, ne s’arrête pas. Il traverse dans l’indifférence une gare quasi déserte et laisse derrière lui le même vide qu’il avait trouvé. Seules les pages d’un journal abandonné sont soulevées et projetées hors champs.

La jeune fille écartait une mèche de sa chevelure dérangée par le vent lorsqu’une feuille de papier volante se plaqua contre son visage.

« Huit pages pour cinq centimes!, criait le jeune vendeur. Oh, pardon mademoiselle, il m’a échappé des mains! »

Au lieu de rendre Le Petit Journal au garçon, elle jeta un œil à la Une : Alfred Dreyfus dans sa prison.

« Vous le prenez mademoiselle? C’est seulement cinq centimes le supplément illustré… »

Elle lui tendit l’argent et rangea le journal contre sa poitrine. Elle ne pourrait le lire tranquillement qu’une fois mise à l’abri. Malgré le vent et le froid de cette matinée de repos dominical, elle avait voulu profiter du soleil de janvier après l’office.

Les tâches immaculées de neige blanche lui rappelaient curieusement les plaques de gélatine qu’ils utilisaient à l’usine pour la constitution des plaques. L’émulsion était répandue sur les plaques par une machine afin qu’elle soit la plus régulière possible, puis elles étaient plongées dans un bain d’eau glacée afin de solidifier la couche blanchâtre. Son travail consistait à placer les plaques sur la ligne et veiller à la régularité du rythme, à leur propreté absolue. La poussière aurait pu considérablement entraver le bon fonctionnement des plaques photographiques.

Aucun membre de la famille ne travaillait au même poste; le père transportait les plaques de verre et son frère aîné travaillait à la fonderie d’argent.

Le métal en fusion fit jaillir du seau d’eau un large jet de vapeur. Le forgeron abandonna son ouvrage dans le seau et un autre homme lui servit un bon verre de vin.

Le petit garçon avala machinalement un nouveau pop corn, tout absorbé par la succession des petits films. Il n’en restait plus que quatre d’environ quarante-cinq secondes chacun. La surprise que lui avait promise son aïeule était censée clore la soirée. Prenant l’Histoire à rebours, le premier film ayant jamais fait l’objet d’une séance publique serait montré le dernier.

Sur l‘écran, pour le moment, un flot de personnes, essentiellement des messieurs barbus en costume, débarquait d’une passerelle de bois, s’écartant consciencieusement de part et d’autre de l’objectif intrusif. Ils se hâtaient de plus en plus. Le dernier homme portait un appareil photographique sur un pied et salua les spectateurs d’un geste de son chapeau.

La jeune ouvrière répondit au prêtre par une inclinaison polie de la tête. Il faisait toujours aussi froid, mais ce dimanche échappait tout du moins aux traditionnelles giboulées de mars. Ce matin, bon nombre de paroissiens allaient inhabituellement se rendre à l’usine…

Pas pour travailler bien entendu, mais parce que les patrons de l’usine avaient eu l’idée saugrenue de souhaiter utiliser leur fameuse invention aujourd’hui pour filmer tous leurs ouvriers en tenues du dimanche.

A vrai dire, elle trouvait cela plutôt amusant. Accompagnée d’une partie de ses collègues, elle se rendit de l’église à l’usine. Lorsqu’ils arrivèrent, la plupart d’entre eux étaient déjà entrés. La jeune fille jeta un coup d’œil intrigué aux deux hommes en redingote qui installaient précautionneusement leur étrange engin.

Un autre homme s’apprêtait déjà à fermer les portes. La jeune ouvrière hâta le pas et rejoint les employèrent déjà massés dans la cour de l‘usine. Elle se tenait tout près des panneaux de métal. Tout le monde devrait être sorti en moins de cinquante secondes. Toute en sueur malgré le froid, la petite ouvrière ôta son chapeau et le tint à la main.

Retenant son souffle, toute la foule attendit le signal.

« C’est maintenant, souffla la vieille femme à l’oreille de l’enfant. »

Les deux battants de la lourde porte s’ébranlent. Le flot des employés se répand dans la rue. La tête nue, elle traverse le champs, un peu trop rapidement, suivie de toutes les femmes en robes et en chapeaux, d’hommes à bicyclette, d’un autre jouant avec un énorme chien, certains paradant comme s’ils s’apprêtaient à entamer un numéro de claquettes… Deux hommes costauds terminent la marche.

Les portes se referment.

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07 septembre 2008

The Dark Knight

Voici un petit Joker, évidemment dessiné après avoir vu The Dark Knight, même si ce n'est pas non plus le Joker du film:

joker

En tout cas, je ne saurais que trop vous conseiller d'aller voir ce film!

Pourtant, je dois dire que j'avais vraiment apprécié Batman Begins, surtout après avoir eu la nausée en revoyant le premier Burton, un gars en collant drapé n'importe comment qui agite sa cape "hou hou je suis Batman!"...
[On avait juste oublié d'engager un chorégraphe pour les combats et aussi de prendre un acteur qui soit assez beau gosse pour incarner Bruce Wayne (que les ardents défenseurs aveugles de Burton me tombent dessus, je m'en fous).]

Mais là, tous les précédents films de Batman passent pour de la sousoupe pour midinettes façon gentille bluette à côté de ce film!

Le scénar excellent, les dialogues drôles et vivants, les scènes d'action qui arrachent les pupilles, les acteurs charismatiques, une photographie impeccable... rien ne manque.

Il n'y a pas que la noirceur dans ce film, il y a aussi l'humour, l'émotion, l'espoir...

Il y a la foi.

La mort de *** ne m'as pas émue plus que ça, mais le dialogue final entre Batman et le Joker, et la scène du bateau... aaaaaaah j'avais les larmes aux yeux.

Bon, OK, j'étais peut-être dans un état d'esprit particulier, dans lequel j'attendais ce choc, sans réellement penser le trouver dans ce film.
Ca fait mal, tellement mal que ça en fait du bien aussi.
Difficile à expliquer sans tout dévoiler du film.

Il m'a fait retrouver le petit point blanc dans mon Yin.

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28 mai 2008

Révolution

Je sais qu'en ce moment je mets beaucoup de texte et peu d'image sur mon blog, mais le texte qui va suivre, j'avais vraiment envie de le partager.
Pour la littérature et pour la politique...

"En face de ces événements incomparables, menace immense de tous les bienfaits à la fois, accès de colère de la civilisation, excès du progrès furieux, amélioration démesurée et inintelligible, qu'on place ce sauvage grave et singulier, cet homme à l'oeil clair et aux longs cheveux, vivant de lait et de châtaignes, borné à son toit de chaume, à sa haie et à son fossé, distinguant chaque hameau du voisinage au son de la cloche, ne se servant de l'eau que pour boire, ayant sur le dos une veste de cuir avec des arabesques de soie, inculte et brodé, tatouant ses habits comme ses ancêtres les Celtes avaient tatoué leurs visages, respectant son maître dans son bourreau, parlant une langue morte, ce qui est faire habiter une tombe à sa pensée, piquant ses boeufs, aiguisant sa faulx, sarclant son blé noir, pétrissant sa galette de sarrasin, vénérant sa charrue d'abord, sa grand'mère ensuite, croyant à la sainte Vierge et à la Dame blanche, dévot à l'autel et aussi à la haute pierre mystérieuse debout au milieu de la lande, laboureur dans la plaine, pêcheur sur la côte, braconnier dans le hallier, aimant ses rois, ses seigneurs, ses prêtres, ses poux ; pensif, immobile souvent des heures entières sur la grande grève déserte, sombre écouteur de la mer.

Et qu'on se demande si cet aveugle pouvait accepter cette clarté.
"

Victor Hugo dans Quatre-vingt treize

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01 avril 2008

J'ai toujours rêvé d'être un Tarantino

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     Profitons des tarifs réduits du Gaumont dans la foulée du printemps du ciné pour voir un film français...
"J'ai toujours rêvé d'être un gangster est un film avec des mec qui ont des collants sur la tête.
Un parking.
Des poursuites.
Des cascades."
     Je l'ai vu au moins 10 fois la bande-annonce!!!! Presque jusqu'à l'écoeurement (deux fois avant chaque film du Printemps du ciné...) mais j'ai quand même résisté à la nausée et cédé à l'envie première d'aller le voir.
J'ai toujours rêvé d'être un ganster, c'est un peu le Pulp fiction du réalisateur français, un hommage au ciné... Mais... à la française quoi.
     Déjà, même si l'on a le principe similaire de faire se croiser les personnages à un endroit commun, la narration est tout de même bien moins éclatée et la chronologie se mélange moins. C'est organisé comme des "sketches", mais pas complètement indépendants ni uniquement liés par la thématique.
     Quand on essaie de copier les ricains en France, pour le ciné ou la télé, ça devient souvent vite ridicule.
Moi je désespère pas, avec la nouvelle vague de réal élevés aux mangas et au cinéma de genre, on va arriver bientôt à en faire nous aussi, à le faire bien, j'veux dire, après les quelques tentatives de ces dernières années qui comptent quelques réussites (même si souvent ces Français ont bossé aux USA...).

     Dans Pulp fiction, on a des vrais gangsters et ils ont tous des vrais flingues. Ya du sang, du sang partout dans la voiture surtout. Ici, on a des apprentis et des tontons flingueurs à la retraite.
    Dans les deux films, ya pas mal de loosers, mais les loosers ricains, ils ont des moyens. Chais pas, moi j'trouve que c'est une sorte de métaphore qui fait le parallèle entre le ciné français et américain. Le seul vrai braquage du film au final, se fait sans arme et sans menace, sans préméditation non plus d'ailleurs, mais après un affrontement verbal et psychologique partant d'un urinoire (non, non, pas un concours de çui qui pissera le plus loin..!).
     Le gros point commun entre les deux films, c'est la qualité des dialogues je dirais. C'est drôle et frais, vivant et crédible.
    Bref, allez le voir et donnez-moi votre avis! ^__^

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17 novembre 2007

Boulevard des chattes sauvages

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16 août 2007

THE KING

Aujourd'hui, ça fait 30 ans qu'Elvis est mort. Je suis sûre qu'on va en parler partout... Bon, moi, je n'ai pas "connu" vraiment Elvis, je suis née que 4 ans après sa mort. Mais cela n'empêche que j'ai eu très jeune le coup de foudre pour lui! Pour la voix et les mélodies d'abord, et pour tout le reste ensuite!

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J'ai remarqué quand même que quasiment tous les enfants aiment le vieux rock'n roll, ça bouge, c'est joyeux et ça donne envie de danser. Ca suffit pour séduire les enfants! Par contre, il y a toujours beaucoup de gens qui deviennent profondément fan d'Elvis, même 30 ans après sa mort, et malgré la mauvaise image que l'on véhicule sur la fin de sa vie, sur sa relation avec Priscilla (et les femmes en général). Mais, que voulez-vous, à croire qu'on pardonne tout aux génies...

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Bref! Ecoutez Elvis Presley, écoutez le KING! Ca fait du bien au corps et au cerveau! Elvis, ma musique préférée pour danser avec mon balai (la Bande à Basile peut aller se rhabiller!) et m'encourager à me secouer dans la vie en générale!

Le site officiel: http://www.elvis.com/

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10 août 2007

Mangas!

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Je viens de terminer de lire Georgie. Ca tient en 5 tomes, c'est court!!! En règle générale, je lis plus de shônen que de shôjô, mais ces derniers temps, c'est plutôt l'inverse! Il faut dire aussi que j'ai sérieusement réduit la lecture de manga... Bref, Georgie, scénarisé par Man Izawa et dessiné par Yumiko Igarashi (Candy) était déjà un dessin animé que j'adorais lorsque j'étais petite (lorsque j'ai appris à coudre, j'ai recopié les robes de bal du dessin animé pour les coudre pour mes Barbies!).

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L'histoire est un peu différente dans le manga, surtout toute la première partie de l'enfance en Australie qui est très peu montrée. Mais ce qui choque vraiment dans cette BD, c'est la qualité du dessin. Igarashi ne lésine pas sur les décors, les vues de la ville et du port, avec un graphisme élégant et fouillé.

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Même si ça reste très romanesque (et parfois pas de la plus haute crédibilité) ya une certaine cruauté dans le destin de Georgie et les sentiments des personnages évoluent assez naturellement. Si vous devez lire que quelques shôjô dans votre vie, je vous conseille d'inscrire celui-ci dans le top 5!

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